Il y’a quelques semaines, ma mère a fêté ses 70 ans.

Pour l’occasion, nous nous sommes tous retrouvés à Saint-Louis. Enfants, beaux-enfants et petits-enfants…

Je ne suis pas la meilleure enfant qui soit et je ne suis pas la meilleure de ses enfants. Je n’ai pas besoin d’être rassurée à ce propos, c’est un fait. 

J’ai la meilleure mère qui soit. Tu t’y attendais, n’est ce pas? Elle ne serait certainement pas la meilleure pour toi ou pour quelqu’un d’autre. Elle est juste la meilleure mère pour moi. 

Je laisse le soin à mes frères et sœur de se forger et d’exprimer leur propre opinion à ce sujet.  Je ne parlerai pas pour eux, aujourd’hui. 

Ma mère est une des personnes envers qui j’ai le plus de respect au monde. Et ceux qui me connaissent vraiment savent que ce n’est jamais gagné en ce qui me concerne. Tu pourras toujours me dire que « c’est clair, c’est sa mère » et c’est là où tu te trompes. 

Je respecte ma mère pour la femme qu’elle est

Je ne respecte pas ma mère juste parce qu’elle est ma mère. Je respecte ma mère pour la femme qu’elle est! Je respecte la femme qu’elle est, qu’elle a appris à être. Car c’est cette femme qui a donné naissance à la mère qu’elle est devenue et qu’elle continue à être.

Ça va faire grincer des dents car dans nos contrées on ne considère pas qu’il faut questionnner les parents qu’ont été (que sont) nos parents. J’ai été l’enfant qui questionne cette parentalité et la mère qui questionne sa propre parentalité. Je choisis d’utiliser parentalité pour ne pas rester dans la maternité et ce qu’elle peut avoir de physique et physiologique. Car pour moi, être parent n’a rien à voir avec mettre au monde. Je m’égare, ce n’est pas le sujet. Je disais donc, je respecte ma mère pour la femme qu’elle est. 

Ma mère est l’une des personnes les plus intègres qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. 

Ma mère est la personne la plus digne que je connaisse

Ma mère est une des personnes les plus fortes que je connaisse. Et tu sais pourquoi? Parce qu’elle n’a pas eu d’autres choix. 

Ma mère est celle qui m’a appris à ne jamais baisser les yeux ou la tête.

Ma mère est celle qui m’a appris que nos enfants ne nous appartiennent pas bien avant Khalil Gibran… 

Elle s’est évertuée, chaque jour de sa vie, à faire de nous des humains à part entière.

Acceptant et accueillant ce qui ne lui plaît pas chez moi, mes choix qu’elle ne remet jamais en question, mes décisions bancales, mes rêves d’aventure. Essuyant mes larmes quand je me casse les dents, riant de mes déconvenues et célébrant chacune de mes victoires avec plus d’enthousiasme que moi. 

S’il y a quoique ce soit de la femme que je suis qui trouve un bel écho en toi, sache que je suis d’abord allée le chercher en elle. Qu’elle s’en soit aperçue ou pas… C’est à elle que je le dois en premier 

Samb Amadou, Biram Ndoumban ag Jangileen, lo dund doyul